La Tour Kennedy sera le phénix de la renaissance des Oliveaux, et en symbolisera l’alpha et l’omega
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Préfet à l’Egalité des Chances,
Monsieur le Président de la Métropole Européenne de Lille,
Monsieur le Président de Partenord Habitat,
Monsieur le Sénateur,
Mesdames, Messieurs les conseillers municipaux,
Chers collègues,
Chers habitants des Oliveaux, de Loos, et d’ailleurs,
Nuit de veille, nuit de réflexions, nuit sans beaucoup de sommeil,
La commune de Loos et ses partenaires sont engagés dans un ambitieux programme de renouvellement urbain pour le développement des Oliveaux. Et ce, dès le début de l’année 2015.
De fait, depuis toutes ces années, la transformation de notre quartier est devenue sujet de conversation, sujet urbain, sujet humain, sujet technique.
Après le temps des études, qui a permis de préciser notre projet, est venu le temps long du relogement, du début de l’année 2020 à ce milieu d’année 2025.
La tour Kennedy a occupé une part importante de ce processus, représentant à elle seule 220 des 424 logements déconstruits dans le cadre du PRU.
Aujourd’hui, le foudroyage de la tour Kennedy symbolise la fin de la première étape du PRU, étape – parfois sensible, je puis l’entendre – de démolition/déconstruction.
A partir du second semestre de cette année 2025, nous allons nous consacrer à reconstruire. Reconstruire des habitations, des espaces, des équipements, … Le site Salengro est le premier à être concerné par la construction de 45 logements neufs (17 maisons du T4 au T5 et 28 appartements du T2 au T3), début 2026.
Par ailleurs, la ville et ses partenaires ont déjà travaillé à la rénovation/extension de divers équipements publics ou d’espaces publics environnants.
Tout cela a été rendu possible avec le soutien actif, à la fois technique et financier de l’Agence Nationale pour le Renouvellement Urba​in, dont l’existence est injustement remise en question par un rapport parlementaire déposé il y a quelques jours.
En ma qualité de maire et de Vice-Présidente au logement de la MEL, je prends la plume à l’adresse de M. le Premier Ministre et de Mme le Ministre du logement, afin de soutenir la nécessité de maintenir l’agence fédératrice de belles énergies, génératrice d’équité sur le territoire national, notre ANRU dont les quelques complexités ne ruinent pas en définitive la redoutable efficacité.
Revenons en ce jour à la tour Kennedy, bastion solitaire fièrement planté par J.P. Seck, l’architecte de tout le quartier.
Au sein de la tour, de nombreuses histoires de vie se sont déroulées. On y a célébré des naissances, des fêtes de famille, des réveillons, des anniversaires de mariage. On y a pleuré des proches trop tôt disparus.
Des étages les plus élevés, on a sans doute pu assister à tous les feux d’artifice du 14 juillet, jusqu’à 30 km à la ronde.
En un mot, on y a vécu, seul ou en famille et cela a du sens.
Toutefois, et il faut bien l’admettre, la tour Kennedy a mal vieilli. C’était un ensemble de logements des années 60, certes bien conçus, lumineux, apportant tout le confort des 30 Glorieuses, mais avec une isolation phonique catastrophique, des logements amiantés, des murs peu isolés, des ascenseurs desservant seulement des demi-paliers, ce qui était très compliqué à vivre pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite.
Cet immeuble de grande hauteur, avait déjà été partiellement réhabilité une première fois, en 1995, une réhabilitation réussie, selon les critères de l’époque.
La question d’une nouvelle réhabilitation plus exigeante de la tour, au vu de l’évolution des normes de construction, de la réglementation environnementale, et de la dégradation de la tour était posée depuis 2015.
Cependant, il aurait fallu engager de nouveaux travaux considérables pour adapter la tour Kennedy au XXIe siècle. Était-il raisonnable de soutenir un investissement de dizaines de millions d’euros pour rénover cette tour une 2e fois, sachant qu’on aurait sans aucun doute dû à nouveau la réhabiliter ou l’abattre 25 années plus tard… Et qui aurait pu payer l’addition , hors de portée des capacités de financement du bailleur social ?
Par ailleurs, si je lis les regrets qui s’expriment autour de la tour Kennedy, ces derniers mois, je me dois de rappeler que lorsque nous avons commencé le relogement des habitants de la tour en 2020, 70 logements étaient vacants … signe de désamour, et la tour Kennedy ne faisait plus recette en CALEOL…
Je vis avec humanité tous les commentaires nostalgiques autour de la tour. Néanmoins, ceux qui s’expriment ne souhaitaient pas nécessairement y vivre…
Je lis aussi que la tour Kennedy est un repère, vu de loin, se signalant aux vacanciers, aux personnes revenant de la côte, qui se disaient « tiens, nous rapprochons de Loos, on voit la tour ».
Cela est finalement révélateur : la tour Kennedy était devenue un symbole, un totem, une icône. Mais, avant d’être un monument, la tour Kennedy était d’abord et avant tout, un immeuble dont la vocation était de loger des habitants et qui n’était plus adapté aux normes actuelles. Et cela il ne faut pas non plus l’oublier. Elle a aussi contribué par son positionnement à enclaver durablement le quartier des Oliveaux et à le séparer du reste de la ville.
A présent, nous allons poursuivre notre travail partenarial avec Partenord Habitat, la MEL et la SPL, en vue de la rénovation du quartier, nous allons pouvoir recréer une nouvelle centralité, une structure viaire lisible, un mail paysager, la cité des enfants et des parents ; et nous allons désenclaver ce quartier.
Aujourd’hui, certes, nous allons dire adieu à la tour Kennedy, mais pour autant toutes les histoires de vie et d’amour qui s’y sont déroulées et que nous respectons infiniment, demeureront gravées dans la mémoire collective.
Et pour l’avenir, la Tour Kennedy sera le phénix de la renaissance des Oliveaux, et en symbolisera l’alpha et l’omega.